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Bonjour à tous
Robert Paré
Robert Paré : l'ancêtre forézien
Les origines
Robert Paré est originaire du hameau de Lestra basse dans la paroisse de Saint-Laurent-en-Solore, de la
région Rhône-Alpes, du département de la Loire en France. Aujourd'hui appelé Saint-Laurent-Rochefort,
ce petit "coin de terre" est au 17e siècle une agglomération de quelques maisons rurales établies à
l'écart du village de Saint-Laurent-en-Solore.
Situé à une altitude de 780 mètres, à la limite de la
langue d'oc et de la langue d'oïl, le hameau de Lestra basse est à présent le distingué berceau des
familles Paré en Nouvelle-France.
Né vers 1626, Robert Paré est le fils du tisserand Mathieu Paré et de Marie Joannet, originaire de Lestra
basse. Le couple s'installe dans ce hameau où ils y auront de 1615 à 1635 plusieurs enfants. Nous ne
retrouvons pas la trace du mariage de Mathieu et de Marie, cependant 1614 serait une date probable en
raison de la naissance du premier enfant du couple. L'aîné se nomme Jehan, le cadet Pierre. Le rang de
Robert est encore inconnu, car les plus anciennes archives, pour l'état-civil à Saint-Laurent-Rochefort,
remontent à 1631.
Le feu ou la Révolution de 1789 sont sûrement des causes probables de plusieurs
absences dans les registres de cette paroisse. Cependant, nous retrouvons la trace de deux filles :
Jeanne et Pasquette, qui se marient et qui demeurent dans la même paroisse. Pasquette Paré convole
le 8 août 1652 avec Annet Martin. Il est inscrit dans son acte de mariage : "fille de feu de Mathieu
Paré et de vivante Marie Joannet". Jusqu'à ce jour, nous comptons cinq enfants pour le couple
Paré-Joannet : trois garçons et deux filles.
Les Paré, du hameau de Lestra basse, sont sûrement tisserand, profession du frère et des neveux de
Mathieu. Nous n'avons pas d'information supplémentaire sur le frère de Mathieu Paré, ni même son prénom.
Cependant, il est inscrit dans l'ouvrage de Monseigneur Cyprien Tanguay : "Robert Paré (1er émigrant),
né vers 1626, fils de Mathieu Paré, confectionneur ou marchand de draps, et de Marie Joannes née près
de Mayenne, en Mayenne, lesquels seraient de St-Laurent de Solesmes."
Nous pouvons donc confirmer,
avec l'extrait de Tanguay, que Mathieu Paré était bien un artisan du drap au 17e siècle. De plus, nous
avons découvert, au cours des recherches en France, qu'il existe un hameau appelé Mayen dans la paroisse
de Saint-Thurin, situé à seulement cinq kilomètres de Saint-Laurent-en-Solore. Marie Joannet est bien
dite "originaire du hameau de Lestra basse" dans les recherches en France. Il est alors probable que ce
soit Mathieu Paré qui soit originaire du hameau de Mayen, dans la vallée de Saint-Thurin.
Mathieu Paré meurt le dimanche 26 mai 1652. Son fils, Robert, est dans la colonie en 1653, car, le 19
octobre de cette même année, nous retrouvons l'aveu d'une dette de 283 livres dont il est redevable à
Michel Blanot pour livraison de marchandises. Ce Michel Blanot, possesseur de la terre de Claude
Estienne à l'ouest de la Rivière aux Chiens, à Château-Richer, veut maintenant retourner voir sa
Normandie, sa ville de Caen.
Robert Paré est-il en France au décès de son père ? Nous ignorons la
date et les circonstances de sa venue en Nouvelle-France. Selon certains généalogistes, Robert Paré
est dans la colonie vers 1650, à l'âge de 24 ans, soit quelques mois avant le décès de son père et
le mariage de sa sœur. Est-il un engagé de trente-six mois ? Probablement, mais nous ignorons le nom
de l'habitant ou du Seigneur chez qui Robert passe les trois premières années de son séjour.
Selon
l'hypothèse de l'engagement, Robert Paré arrive vraisemblablement à Québec à l'été 1650. Nous savons
qu'il arrive seul, sans aucun membre de sa famille forézienne, sur le nouveau continent. En 1650, la
compagnie des Cent associés est toujours en fonction, il se peut alors que Robert Paré, se cherchant
du travail, s'engage pour la Nouvelle-France auprès de cette compagnie. Il aurait alors traversé la
France pour s'embarquer à La Rochelle ou en Normandie.
Le 20 octobre 1653, Robert Paré épouse Françoise Lehoux dans la chapelle construite pour les Hurons à
l'île d'Orléans, sise sur la terre de la seigneuresse Éléonore de Grandmaison, de la pointe ouest de
l'île. Le mariage est célébré par le jésuite Léonard Garreau en présence de Mathurin Gagnon, le
beau-frère de la mariée. Cette dernière, fille de Jacques Lehoux et de Marie Meilleur, est baptisée le
9 juillet 1628 à la paroisse Sainte-Madeleine de la Ventrouze, en Basse-Normandie.
Engagée à titre
de servante le 22 mai 1651, à Tourouvre, pour le compte de Jean Juchereau, seigneur de la Seigneurie de
Maur, à raison de trente livres tournois par an pour cinq ans, elle arrive à Québec le 13 octobre 1651.
Françoise, restée seul en France avec sa soeur Madeleine, vient désormais rejoindre dans le nouveau pays
sa nombreuse famille : son père Jacques, sa belle-mère Jeanne Jahan, son demi-frère Jean et ses soeurs
par alliance, Marguerite Aubert et Françoise Godeau. Tous déjà bien établie dans la colonie. Après
deux années de services, le Monseigneur Juchereau met fin à son engagement pour qu'elle unisse sa
destinée au migrant Robert Paré.
Au début de l'année 1654, René Robineau, escuyer de la Côte de Beaupré, recourt aux talents du maître
charpentier Paré pour faire bâtir un petit bâtiment de 18 pieds carré sur une terre d'abord possédée
par Thomas Dufenil à Château-Richer. Robert reçoit 405 livres tournois pour son travail.
À l'automne de
la même année, Robert et Jean Espaisse promettent de construire à Québec une maison de 26 pieds de long
et de 16 de large, à livrer à son propriétaire pour le début du mois de juillet 1655. Les deux
charpentiers se partagent la modique somme de 144 livres promises par Toussaint Toupin. Il est entendu
que Toupin-Dussault fourniront les matériaux nécessaires à la construction de la maison.
Claude Bouchard,
chirurgien, témoigne du marché avec parafe . Robert Paré ne sait pas signer. Nous possédons sa marque
tracée, le 11 octobre 1654, à Québec, devant le notaire Audouart : une équerre en L., ce qui révèle
parfaitement la nature de son métier de charpentier.
Quelques mois plus tard, le 30 janvier 1655, le gouverneur de la Nouvelle-France, Jean de Lauzon, fait
don à la famille Paré d'une terre de quatre arpents de front, voisine de celles de Jean Espaisse et de
Pierre Gibouin, à l'ouest de la paroisse actuelle de Sainte-Anne-de-Beaupré. Pierre Simard dit Lombrette
et Mathurin Meunier reçoivent également, ce jour-là, une concession à la Côte de Beaupré.
Le 15 août 1656, nous retrouvons une entente à l'amiable pour régler la question de salaires pour la
construction d'un certain moulin à vent d'Argentenay sur l'île d'Orléans. Monseigneur d'Ailleboust,
seigneur de l'île, a déjà versé 82 livres, il en ajoute 50 autres à cette date. Le 21 octobre 1656,
Toupin rappelle aux constructeurs Paré et Espaisse qu'ils doivent terminer leur ouvrage à sa maison
de la basse-ville de Québec. Il manque en particulier une tringle importante sous une poutre. Ils
doivent alors payer "deux pipes de chaux", c'est-à-dire deux gros barils.
Un an plus tard, soit le 10 octobre 1657, l'associé et voisin, Jean Espaisse, retourne en France. Il
emprunte pour lors 200 livres à Robert pour les frais du voyage. Ce dernier accepte et reçoit comme
garantie de remboursement une maison laissée dans la basse-ville de Québec, sur un emplacement de
40 sur 20 pieds. Trois jours avant de quitter la Nouvelle-France, Jean Espaisse fait don de sa terre
de Sainte-Anne à son filleul Jean Paré, alors âgé de 18 mois.
Le charpentier Espaisse ne foulera plus
jamais la terre de la Nouvelle-France. Le 3 octobre 1661, Robert loue la propriété de Jean Espaisse à
Guillaume Lemieux, moyennant une somme de 45 livres "par chacun des dites deux années."
Dès la même année, il participe à la construction de la seconde église de Sainte-Anne-de-Beaupré,
construite en colombage pierrotté. Elle est édifiée à l'est de la première, à l'emplacement actuel de
l'ancien cimetière. Il est dit dans son contrat : "a payer a robert paret pour une journée a traisner
du bois trente sols". À cette époque, Robert est marguillier pour trois ans à l'église paroissiale de
Sainte-Anne, au même titre que le migrant Claude Poulin.
Paroissien laïque membre du conseil des
administrateurs d'une paroisse, le marguillier est de coutume nommé parce qu'il se mérite l'estime
de ses co-paroissiens grâce à son expérience, à sa conduite morale et à son honnêteté. Nous pouvons
donc comprendre, par cette nomination, que l'ancêtre Paré est un homme de foi, fort apprécié des
Jésuites et de ses paroissiens.
En 1666, la Côte de Beaupré compte une population aussi nombreuse que Québec et Montréal. La même année
au recensement, Robert et Françoise déclarent avoir 40 ans. En raison de la date de son baptême, nous
savons à présent que Françoise a 38 ans en 1666. François Thibault, 18 ans, originaire de La Flotte,
Île de Ré, agit à titre de domestique.
À la même période, nous retrouvons une trace de Françoise pour du temps de travail donné à l'église de
la paroisse : "plus a la femme de robert paret 40 10s", soit une somme de quarante livres et dix sols.
Nous ne connaissons pas la nature du travail effectué par Françoise.
Le 30 septembre 1667, le notaire Rageot rédige un marché conclu par l'intermédiaire de François Boivin
pour les religieuses de Québec. Robert et son associé Jean Poulin promettent de faire 1 000 planches de
pin. Le produit sera livré à Québec avant la Saint-Jean-Baptiste de l'année suivante. Les deux hommes
recevront pour leur travail : 500 livres à partager.
Cette même année, au recensement de 1667 à la Côte de Beaupré, Robert déclare toujours avoir 40 ans et
Françoise 42 ans. Dans les faits, elle a 39 ans. Le couple possède sept têtes de bétail et vingt
arpents de terre en culture. François Thibault est toujours domestique. Il quitte officiellement la
famille Paré-Lehoux le 14 octobre 1670 pour convoler, à Sainte-Anne, avec Élizabeth-Agnès Lefebvre,
une fille du Roi, arrivée la même année.
Le 28 mars 1668, Étienne de Lessard, au nom de Robert Paré, se dirige vers Québec pour défendre les
titres d'une maison avec une chambre à feu, une cave et un grenier dans la basse-ville de Québec,
tenant d'un côté à Toussaint Toupin et de l'autre à Noël Pinguet. Est-ce la maison laissée par Jean
Espaisse à son départ ? Il est fort probable. Quelques mois plus tard, soit en 1669, Moîse Hilarest
loue la maison de la basse-ville de Québec pour une période de deux ans, à raison de 60 livres par an.
L'ancêtre Jacques Lehoux, doyen de tous les immigrants de la colonie, décède le 16 février 1680, à
l'âge honorable de 100 ans, chez sa fille Françoise et son gendre Robert, à Sainte-Anne. Il est inhumé
le lendemain. Sa veuve, Jeanne Jahan, est inhumée le 11 décembre 1682, à Château-Richer.
Au recensement de 1681, toujours à la Côte de Beaupré, Robert a 57 ans et est charpentier de métier ;
sa femme Françoise a 57 ans. À la même époque, la famille Paré possède quatre fusils, quatorze bêtes à
cornes et trente arpents en culture. Selon les calculs, Robert a 55 ans et Françoise 53 ans en 1681.
Trois ans plus tard, Robert Paré, décède à Sainte-Anne le 17 novembre 1684. Ses funérailles ont lieu le
lendemain en compagnie d'Étienne de Lessard et de Charles de Monmainier dit Jouvent, le second mari de
madame Julien Mercier. Pour sa part, Françoise, s'éteint quelques mois plus tard, le 9 avril 1685, à
57 ans. Leurs cendres reposent désormais dans le vieux cimetière de Sainte-Anne. En 1686, quelques
mois après le décès de Françoise, la maison de la basse-ville de Québec, laissé au départ de Jean
Espaisse, est vendu par les héritiers de Robert et Françoise.
Les retrouvailles
Pendant plusieurs décennies, l'ancêtre Robert Paré à fait durer la confusion sur ses origines en France.
Il fut originaire du Périgord, du Maine ou encore du Loir-et-Cher. Les généalogistes ont concentrés
leurs recherches dans les régions de l'ouest de la France : territoire naturel de la majorité des
premiers migrants en Nouvelle-France.
Une erreur de transcription sur son contrat de mariage a fait
durer le suspense pendant plus de quatre siècles. Aujourd'hui retrouvé, Robert Paré, l'ancêtre
forézien, peut désormais dormir en paix sur ses terres de Sainte-Anne-de-Beaupré.
par Stéphanie Paré, Montréal, QC
Sources : Bibliothèque Nationale de Paris, ouvrage de Monseigneur Cyprien Tanguay.
Nos Ancêtres, vol. 9, p. 111.
Fichier Origine.
Marque qui est faite d'un ou de plusieurs traits de plume et qui se met ordinairement après le
nom quand on signe quelque acte. Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694.
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