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Bonjour à tous
Robert Paré
L'énigmatique Robert Paré
Que la confusion règne !
Pendant plusieurs décennies, l'ancêtre Robert Paré à fait durer la confusion sur ses origines françaises.
L'historien Jacques Lacoursière en résume l'essentiel dans son texte Les immigrants Paré en
Nouvelle-France : "Il est difficile de connaître l'origine de Robert Paré. Dans son Dictionnaire
généalogique des familles du Québec, René Jetté le fait naître à Saint-Laurent de Soulaures, dans
l'arrondissement de Bergerac, en Périgord.
L'abbé Jean-Baptiste Ferland arrive aux même conclusions
que Jetté. Quant à l'historien Marcel Trudel et monseigneur Cyprien Tanguay, ils affirment que cet
ancêtre viendrait de Saint-Laurent de Solesme, dans le Maine. Or, le démographe Hubert Charbonneau,
dans l'édition de l'hiver 1995 des Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, précise
qu'apparemment il n'y a pas de paroisse Saint-Laurent à Soulaures, dans le Périgord. "Il se pourrait
donc, conclut-il, que Robert Paré soit originaire de la Sologne, paroisse de Saint-Laurent.
Il y avait
en effet, ajoute-t-il, une paroisse de ce nom au sud de la Loire, entre Blois et Orléans, aux abords de
la Sologne. Saint-Laurent-des-Eaux, bourg appelé aujourd'hui Saint-Laurent-Nouan, département du
Loir-et-Cher."
Pour sa part, Gérard Lebel écrivait en 1984 pour la revue Nos Ancêtres, Saint-Anne-de-Beaupré : "Lors
du mariage de Robert, le père Léonard Garaut, S.J., écrivit bel et bien dans le registre de Notre-Dame
de Québec : "Saint Laurent de Soulores en Périgord". Malgré bien des recherches, rien n'a été trouvé
au sujet de Robert Paré à St-Laurent de Soulaures, diocèse de Périgord, aujourd'hui Saint-Martial,
desserte de la paroisse de Biron, où se trouve le fameux château de Biron. L'Annuaire Catholique de
France, 1981-82, ne semble même pas connaître ces localités."
Aujourd'hui encore, il est impossible de déterminer la raison pour laquelle le père Léonard Garaut
écrivit en 1653 "Saint-Laurent-de-Soulores en Périgord" dans le registre de Notre-Dame de Québec.
Ce que nous savons, par contre, c'est que les toponymes Saint-Laurent-de-Soulores,
Saint-Laurent-en-Soulores, Saint-Laurent-de-Soulaures, Saint-Laurent-de-Solesme demeurent intactes
au cours des hypothèses avancées sur le patronyme Paré.
Aucun doute sur le Saint-Laurent, ni sur le
Soulore ou de ses variations au niveau de la syntaxe. La Dordogne demeure la seule et unique confusion
sur les origines de Robert Paré. De cette confusion, les généalogistes ont concentrés leurs recherches
dans les départements de Dordogne (24) et de Sarthe (72), sans jamais retrouver aucune trace probable
de l'ancêtre. Robert Paré est toujours demeuré introuvable !
La beauté du hasard
Le 21e siècle résout l'énigme. Au cours de ses recherches, la généalogiste Dominique Ritchot découvre
dans le Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, de Jean-Joseph
d'Expilly, qu'il existe une paroisse nommée Solaure, dans le département de la Loire (élection de Roanne,
Auvergne) qui dépendait de la seigneurie de Rochefort. De cette seigneurie dépendait aussi les annexes
de Saint-Laurent (aujourd'hui Saint-Laurent-Rochefort, ar. Montbrison).
La paroisse de Solaure n'est
pas répertoriée par Expilly, bien qu'elle soit mentionnée sous la rubrique sur Rochefort (vol. 6, p. 346)
et semble avoir été absorbée par Saint-Laurent-Rochefort. Dominique Ritchot explique sa démarche dans un
message électronique, le 24 janvier 2001 : "J'avais d'abord perdu la référence, et je l'ai retrouvée
cette semaine. C'est en faisant une recherche sur Internet que j'ai découvert le site de la famille Paré.
Je vous ai immédiatement contacté. Il m'apparaît intéressant de pousser les recherches de ce côté."
Il n'en faut pas plus pour amorcer les recherches dans Internet. Première vérification à faire, essayer
de trouver des Paré dans le département de la Loire (42). En naviguant sur le Web, la découverte est
concluante. Non seulement, on y retrouve des Paré mais également des Joannet, un indice supplémentaire
pour continuer les recherches dans cette région.
Deuxième vérification, soutenir l'information
répertoriée par Ritchot en correspondant par courrier électronique avec des généalogistes du département
de la Loire. La réponse ne se laisse pas attendre. Le généalogiste Français Pierre Blain écrit dans
son message électronique : "La commune de Saint-Laurent-Rochefort s'appelait, à l'époque,
Saint-Laurent-en-Solore. Cette dénomination de Saint-Laurent-en-Solore (qu'on retrouve, au fil des
actes, écrit Solaure) est resté jusqu'à la Révolution comme semble le prouver un acte de 1783 en ma
possession."
Pour sa part, le généalogiste Français Henry Juillard, écrit : "En effet, il existe une
commune qui s'appelle aujourd'hui Saint-Laurent-Rochefort qui portait autrefois le nom de
Saint-Laurent-en-Solore. Elle est située environ à 10 Kms à l'ouest de Boën en direction de Thiers
et Clermont-Ferrand."
Le généalogiste Fernand Poncet, nous donne davantage d'indice sur les lieux :
"La commune actuelle de Saint-Laurent-Rochefort dans la Loire, s'appelait bien jadis
Saint-Laurent-en-Solore, et la colline qui domine le village actuel de ses 529 mètres d'altitude
s'appelle toujours Solaure (d'après la carte au 25/1000 du lieu!)..." Nous avons enfin une piste, du
moins un indice assez important pour continuer les recherches.
En raison de la distance qui nous sépare, France-Québec, Blain et Juillard se propose de vérifier
les relevés et les archives de la Loire, précisément de Saint-Laurent-Rochefort. Pierre Blain trouve :
"les plus anciennes archives dont on dispose sur Saint-Laurent-Rochefort sont de 1631. Il y a d'ailleurs
de grands manques, jugez-en vous-même : il y a 1631, 1635, de 1686 au 30 mai 1690, 1692, de 1694 à 1707,
1727, 1728, de 1730 à 1792, puis les archives complètes ensuite."
En raisons des manques existants,
Pierre Blain ne trouve rien sur l'ancêtre Robert Paré dans les registres et décide de poursuivre ses
recherches pour y retrouver les traces d'une probable famille immédiate.
Surprise, de son côté, le 4 février 2001, Henry Juillard écrit dans son message électronique :
"Comme promis, j'ai pris les documents relatifs à Saint-Laurent-Rochefort. Les plus anciens remontent
à 1631 pour l'état-civil. Je n'ai pas trouvé le mariage de vos ancêtres, mais je vous confirme qu'ils
sont bien originaires de Saint-Laurent-en-Solore.
En effet, j'ai retrouvé le mariage d'une soeur de
Robert Paré, prénommée Pasquette. Elle s'est mariée le 8 août 1652 avec Annet Martin et elle est dite
fille de feu Mathieu et de vivante Marie Joannet du hameau de Lestra Basse. Il y a un autre mariage daté
du 11 août 1637 de Jean Paré fils de Mathieu de Lestra Basse avec Antoinette Poyet de
Saint-Didier-sur-Rochefort. Comme le nom de la mère n'ait pas indiqué ce n'est pas certain que cela
soit aussi un frère de Robert.
Concernant Marie Joannet vous avez trouvé qu'elle était native de Mayenne.
Il existe un hameau de Saint-Thurin dénommé Mayen qui se trouve environ à 5 Kms de Saint-Laurent. Cela
peut être une hypothèse plus vraisemblable. Vous avez donc des racines foréziennes !" L'énigme est
enfin résolue. La Loire est le berceau des Paré en Nouvelle-France.
Pendant plusieurs années, les recherches sur le patronyme Paré se sont concentrées dans les régions de
l'ouest de la France. Situation géographique naturelle de la majorité des premiers arrivants en
Nouvelle-France. On comprend mieux aujourd'hui pourquoi aucune trace de l'ancêtre Paré n'a jamais
été retrouvée.
La découverte de la généalogiste Ritchot prend maintenant tout son sens et nous permet
de savourer pleinement la trouvaille du généalogiste Henry Juillard. Une parfaite collaboration qui
nous permet désormais de prétendre que l'ancêtre est retrouvé et qu'il nous reste, en toute simplicité,
à découvrir les raisons de son départ vers la Nouvelle-France…
La recherche sur les origines de l'ancêtre Robert Paré est une collaboration des généalogistes :
Dominique Ritchot, Québec, Stéphanie Paré, Québec, Henry Juillard, France. Nous remercions également
monsieur Pierre Blain pour les indices qu'il a su semer au cours de notre correspondance et l'intérêt
de chacun pour retrouver les traces de l'ancêtre et ce, malgré le fait que Robert Paré n'a aucun lien
avec leurs familles.
On peut ainsi dire que les technologies du 21e siècle nous ont permis de résoudre
l'énigme de l'ancêtre Robert Paré malgré les frontières et la distance. Merci à tous.
par Stéphanie Paré, Montréal, QC
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